Lorsque nous ratons quelque chose dans notre vie, nous tentons toujours de retirer toute culpabilité et de rejeter la faute sur autre chose ou sur quelqu'un d'autre que nous. C'est une forme de défense psychologique, qu'on le veuille ou non. Bien entendu, il y a ceux qui se disent "Je suis qu'une merde, j'y arriverai jamais...c'est de ma faute..." mais soit cette pensée ne dure pas longtemps, soit c'est leur vie qui est courte.
Et de fait, l'examen de statistique a été difficile et schnapsant à cause d'une mauvaise étude et surtout à cause d'une certaine personne! Je rejette cette culpabilité que je devrais normalement avoir pour la donner à...Titine! Oui, c'est de la faute à Titine! Pas Tintin, Titine!
Mais qui est-elle me demandez-vous déjà!?
Tout a commencé lorsque plongé dans mon syllabus, la bave en bord de bouche, les paupières grumeuses et l'esprit évaporant...j'allai tourner une page en soupirant de béatitude face à un chapitre fini quand soudain. Surgissant de nulle part comme zorro, Titine arriva devant moi. Près de ma main, près de mes doigts, sous mon nez, sous mes yeux, loin de ma raison, loin de sa maison...une coccinelle rouge à pois noirs. Je m'approchai d'elle, le regard curieux et les pupilles enfantines. Elle se leva sur ses pattes avant et me fixa comme pour me saluer et m'inviter à oublier ces statistiques. Je la contemplai plus attentivement et je constatai qu'elle avait la patte avant gauche prise dans une poussière. Sans même oublier mon altruisme et mon esprit de secouriste, j'attrappai mon canif et en sorti une pince à épiler. A l'aide de mon crayon et de cette pince, je libèrai la patte de la pauvre coccinelle qui me regardait avait une pointe de reconnaissance dans son espèce de visage.
Ayant peut-être peur de mon geste si "inhumain" (je veux dire inhabituel bien sur), elle s'envola. Je soupirai en souriant et me remis au travail, les statistiques étaient loin de se finir tout seul.
Mais à peine, avais-je tourné la page que la coccinelle revint. Nous finissâmes par faire connaissance et très vite on entama une partie de poker. Bien entendu, ayant l'esprit "blocus" je perdis très rapidement. Je la baptisai Titine et elle me baptisa Grhlphr ou quelque chose comme ça...
Pourtant, il fallait bien que j'étudie et je lui proposai d'aller se coucher. Elle m'apprit très vite qu'elle n'avait plus de logis. Il faut savoir qu'elle et sa famille avaient emménagés dans un coin de ma fenêtre et que par le froid, ils étaient tous morts sauf elle. Ni une ni deux, je lui construisis une petite maison dans les feuilles de mes bambous et elle s'y installa en me remerciant mille fois. Nous avons fait plusieurs séances de photos mais elle n'est pas très photogénique et on ne voit donc pas grand chose.
Lorsque je retournai dans mon syllabus, je remarquai que j'avais perdu trois longues heures d'études et je ne m'en plaignis pas, bien au contraire. Même dans les moments graves, tout rayon de soleil est le bienvenue. Et je tiens à dire que tu as été mon rayon de soleil durant mon étude de statistique Titine...
...je te regretterai longtemps...je ne t'oublierai jamais Titine!!!
Effectivement, depuis ce matin, elle n'est plus dans les feuilles de bambous. J'ai d'abord pensé qu'elle était sorti faire les courses mais elle devrait être rentrée, non? Et si elle voyait un autre homme? Et si je n'étais qu'un numéro parmi tant d'autres? Titine!!!
Monsieur Schnaps avait d'ailleurs une belle maxime qui me faisait penser à elle:
"Ce n'est pas d'un tête-à-tête, ni d'un corps-à-corps: c'est d'un coeur-à-coeur que nous avons besoin."
Pierre Teilhard de Chardin
DJ Eric met la musique qu'elle adorait écouter en me regardant: "Le Vol Du Bourdon" de Rimski-Korsakov. Pour ceux qui n'aiment pas le classique...appréciez au moins les coccinelles...les bêtes à bon Dieu...